Phototype, hydratation, sébum : trois mots de l'analyse de la peau
Camille Dubois
5 minutes de lecture
Pourquoi le vocabulaire compte avant le geste
Quand on débute, on croit que l'analyse de la peau consiste à regarder un visage et à deviner. En réalité, elle repose sur quelques mots précis que toute la profession utilise de la même façon. Si vous écrivez « peau sensible » sur une fiche alors que vous pensiez « peau réactive », la collègue qui reprend le dossier ne comprendra pas la même chose que vous.
Dans le module consacré à l'analyse de la peau, nous commençons donc par un petit glossaire que chaque apprenante complète avec ses propres exemples. Ce n'est pas du par cœur : l'idée est de relier chaque mot à ce que l'on voit, ce que l'on touche et ce que la cliente raconte.
Cette note, en cette période d'automne où les peaux changent avec le froid et le chauffage, s'attarde sur trois termes qui reviennent sans cesse et que l'on confond souvent.
Le phototype : une réaction au soleil, pas une couleur
Le phototype décrit la manière dont la peau réagit à une exposition au soleil : elle rougit facilement, elle brunit peu ou beaucoup. On le range dans une échelle de plusieurs niveaux. Beaucoup de débutantes pensent qu'il s'agit simplement de la teinte de la peau, ce qui est inexact : deux personnes de teint proche peuvent réagir très différemment.
Pour le déterminer en cabine, on ne regarde pas seulement le visage. On pose des questions simples : que se passe-t-il après une journée à la plage sans protection, la peau pèle-t-elle, brunit-elle sans rougir ? Les réponses orientent les conseils de protection et le choix de certains soins.
Notez ces réponses avec les mots de la cliente, entre guillemets, puis votre propre conclusion à côté. Cette habitude évite de transformer une impression en fait.
- Posez la question sur la réaction au soleil, pas sur la couleur
- Écrivez la réponse telle qu'elle est donnée
- Séparez le constat de votre interprétation
Peau grasse et peau déshydratée : deux idées différentes
C'est l'erreur la plus fréquente de nos séances d'exercice. Une peau grasse produit beaucoup de sébum : elle brille, les pores sont visibles. Une peau déshydratée manque d'eau : elle tiraille, paraît terne, marque facilement de fines ridules. Les deux peuvent exister en même temps sur le même visage.
Le sébum est un corps gras, l'eau est autre chose. Appliquer sans réfléchir un produit très asséchant sur une peau qui brille mais tiraille peut aggraver l'inconfort. D'où l'importance de toucher la peau, de demander comment elle se comporte en fin de journée, et de regarder les zones séparément.
En exercice, nous faisons observer le front, les joues et le menton l'un après l'autre, et chaque apprenante note ses constats zone par zone.
Ce que l'on observe, ce que l'on demande
Observer, c'est regarder la brillance, la texture, les rougeurs, la finesse du grain de peau, sous une lampe loupe quand elle est disponible. Demander, c'est compléter ce que l'œil ne voit pas : les habitudes de soin, les produits utilisés, la sensation de tiraillement, les réactions passées.
Un bon questionnement reste ouvert et calme. Plutôt que « votre peau est grasse, n'est-ce pas ? », préférez « comment se sent votre peau en milieu de journée ? ». La cliente se sent écoutée et vous obtenez une information plus utile.
Les formateurs insistent sur un point : on décrit, on ne diagnostique pas de maladie. Si une zone vous inquiète, vous le dites avec tact et vous conseillez de consulter un médecin.
- Observer avant de toucher
- Poser des questions ouvertes
- Rester dans la description, jamais dans le diagnostic médical
La fiche de suivi : écrire pour être relue
La fiche est l'outil qui rassemble tout cela. Elle contient la date, les réponses de la cliente, vos constats par zone, le soin réalisé et ce qui a été conseillé. Elle doit pouvoir être comprise par quelqu'un d'autre, ou par vous dans plusieurs mois.
Nous demandons des phrases courtes et des termes du glossaire. « Joues : déshydratées, léger tiraillement signalé » est plus utile que « peau un peu fatiguée ». Une abréviation que vous seule comprenez n'a pas sa place sur la fiche.
Lors des exercices entre apprenantes, chacune relit la fiche de sa voisine et dit si elle comprend ce qui a été observé. Cette relecture croisée corrige vite les imprécisions.
S'exercer à son rythme
Aucune de ces notions ne s'acquiert en une séance. Elles reviennent à chaque exercice, avec des peaux différentes et des questions différentes, et c'est la répétition qui rend le vocabulaire naturel.
Si vous débutez, gardez simplement ceci : un mot, un constat visible, une question posée. Le reste vient avec la pratique encadrée par les formateurs.